C'est avec beaucoup d'attention que j'ai lu ce matin les résumés et commentaires de votre allocution, je dois dire de préférence votre intervention d'hier à Versailles. Vous avez présenté des sujets divers qui sont des préoccupations de notre vie quotidienne,vous fûtes brillant comme toujours. Je souhaite ici retenir simplement l'aspect social de votre discours et plus particuliérement la retraite et le chômage.

Ce n'est pas une surprise que la retraite à 60 ans ne peut pas "marcher" pour tous les motifs que nous connaissons.Vous souhaitez reculer l'âge de la retraite c'est à dire en fait nous demander de travailler plus longtemps.Soit je veux bien et je vous approuve dans cette idée,mais vous semblez oublier,Monsieur le Président,que la carrière de beaucoup d'entre nous marque le pas je dois dire fait "stop" aux alentours des 50/55ans.Alors nous parler de prolongation de la durée de travail parait à certains d'entre nous un peu surréaliste. Il faut réformer ce vieux pays plein de préjugés,nous sommes un vieux pays riche d'un passé glorieux, mais nous n'avons pas bien compris ou est notre intérêt et nous avons besoin de gens qui nous montrent le chemin à parcourir pour faire tomber la poussiére du vieillissement.

Monsieur le Président un pays a besoin de forces vives pleines d'enthousiasme et de jeunesse,je sais de quoi je parle,j'ai eu beaucoup d'enfants.Mais,il ya toujours un "mais" dans la vie et vous et moi le savons bien,un pays a besoin de la richesse de ses forces qui ont de l'expérience et qui peuvent passer le relais aux plus jeunes. Je vous invite à venir un jour dans un salon pour l'emploi des séniors,vous nous verrez,parlant,discutant,nous interrogeant.N'ayez pas peur Monsieur le Président,vous serez le bienvenu,venez juste comme ça pour voir et écouter,vous verrez nous avons l'espoir au fond des yeux et l'amertume aux bords des lévres.

N'agrandissez pas le fossé qui commence à grandir entre les générations.

Vous pourrez nous parler de retraite et nous vous écouterons sereinement quand nous aurons un travail entre nos mains.Nous voulons travailler,ce n'est pas le problème,nous acceptons même de perdre dans le niveau de nos rémunérations (cela prouve que nous savons nous adapter).Monsieur le Président nous voulons simplement défendre notre honneur,nous avons des enfants,une famille,chacun d'entre nous a des engagements et nous ne comprenons plus pourquoi ce pays nous empêche de les tenir. J'ai toujours travaillé avec le chômage en toile de fond,on s'en fait une raison.Il ya des moments dans la vie,Monsieur le Président,ou il ne faut pas se résigner car ce serait une capitulation.Aussi je continuerai à me battre pour un job et ceci contre vents et marées.Je continuerai pour moi,mes enfants pour tout ce au nom de quoi je crois.Mais regardez autour de vous,il ya tous les laissez pour compte,ceux qui n'ont pas pu se battre,ceux pour qui Versailles n'était même plus une lueur d'espérance,ceux qui se trouvent à la retraite alors qu'ils pourraient encore être utiles et que l'on désigne par le joli terme de pré-retraités.

Monsieur le Président,un congrés à Versailles coûte beaucoup d'argent et pour qui en a peu cela peut être révoltant.Les ors de la République ne donnent pas à manger à une famille,nous attendons autre chose de vous: "du pain" comme disait la foule lors des journées du 5 et 6 octobre 1789 montant à Versailles et réclamant du pain au roi.En 2009 du pain cela veut dire:du travail.