Je viens de terminer votre trés beau livre,"Une Vie":

C’est long une vie, c’est beau une vie, c’est douloureux une vie…

Avec simplicité et sobriété madame Veil vous nous faites parcourir une bonne partie du XX ième siècle Tout y passe ou presque, avec courage et pudeur.

Courage des mots, pudeur face à l’injustice.

Rappel passionnant d’histoire, tous ces personnages que vous avez rencontré vous nous les faites vivre devant nous : la quatrième république, la cinquième république, vous avez eu eu la chance et la capacité d’occuper de nombreuses places et d’y être utile tout en restant vous-même. Ce n’était dans doute pas facile d’être une femme il y a 50 ou 60 ans et d‘affirmer ses idées, même face à son mari. Vous avez même supporté les injures de certains dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale.

Avec fermeté, discrétion, délicatesse et tristesse vous nous parlez des temps difficiles de ce XX ième siècle ou l’homme avait dans sa folie meutrière oublié ce qu’il y a de plus sacré: le respect de la personne humaine à tel point qu'il en était arrivé à exterminer ses semblables, à les poursuivre, à séparer les familles, à séparer les méres de leurs enfants, à arracher un mari à sa femme...car c'est bien de cela dont vous nous parlez madame Veil avec dignité. Merci madame pour nous rappeler que dans l'histoire humaine les plus grandes catastrophes ne doivent jamais être oubliées et qu'il faut arriver à vivre avec,. Ce poids vous le portez, vous nous l'avez transmis et vous avez raison car il concerne chacun d'entre nous. Nous sommes tous concernés et devons être vigilents face à l'intolérance.

Et comme s’il ne suffisait pas d’avoir vu vos proches, vos amis disparaître dans la tourmente vous voyez partir prématurément des trés proches de vous au cours de votre vie.

Merci madame pour ce livre, merci pour votre faiblesse des dernières pages quand vous vous allongez sur votre lit et écoutez votre mari jouer du piano, le poids de la nostalgie et de la fatigue humaine sont là mais vous n’en n’êtes que plus forte car vous osez avouer cette lassitude. Mais vous nous rappelez que toujours la vie reprend, un anniversaire n’est pas loin...et ils seront nombreux à venir sans aucun doute.

Merci madame pour la délicatesse de ces pages, vous nous avez parlé comme une mére et j'ose dire comme une grand-mére, sans rancune, sans esprit de revanche, simplement pour nous dire...

Merci madame pour votre leçon de courage, vous nous redonnez la force de nous battre.

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